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Permavillage – Mise à jour janvier 2026
Cette mise à jour reflète la réflexion en cours sur la conception d’un Permavillage minimaliste, résilient et autonome dans la région basque, en se concentrant sur de petits groupes autonomes, une gestion efficace des animaux et des cultures, et une infrastructure mutualisée.
Structure des groupes et cohésion sociale
Selon les études, notamment celles de Dunbar, la satisfaction sociale est maximale dans les petits groupes de 5 à 9 personnes, et également dans des groupes plus grands de 50 à 90 si la structure est adaptée. Pour ce Permavillage expérimental :
- Sept mini-groupes d’environ sept personnes chacun, disposés aux sommets d’un heptagone.
- Chaque groupe est autonome pour les besoins quotidiens, surtout pour les activités des zones 1 & 2 (cultures et animaux).
- Le centre de l’heptagone contient l’infrastructure mutualisée pour tous les groupes : outils, atelier, cuisine d’hiver, stockage, toilettes sèches, bains publics, etc.
- L’accès aux installations centrales peut être organisé par rotation, par exemple une fois par semaine pour chaque groupe, ce qui maintient l’autonomie et évite la saturation.
Animaux et gestion
Les animaux sont inclus pour :
- Les œufs (protéines et nutriments)
- Le gras (cuisson)
- La viande (protéines supplémentaires)
- Les déjections, utilisées comme engrais organique, systématiquement mélangées à des matières carbonées
Canards et poules
- Canards : œufs riches en gras, viande et graisse; adaptés aux zones humides et pouvant pâturer en semi-liberté.
- Poules : œufs réguliers, peu de gras; consomment insectes et légumes verts; réduisent les coûts d’alimentation.
Plan minimal pour 7 personnes
| Animal |
Nombre |
Rôle |
Production annuelle |
| Canards (rustiques) |
15 femelles + 2 mâles |
Œufs, graisse, viande |
~2 625 œufs; ~5,25 kg de graisse; ~22,5 kg de viande |
| Poules |
10 femelles + 1 mâle |
Œufs |
~2 500 œufs; graisse négligeable |
Les œufs par personne : ~1,5–2 par jour; la graisse issue des canards seuls est insuffisante (~2,25 g/jour/personne), un complément par des huiles végétales est donc nécessaire.
Planification des cultures pour l’alimentation animale
Les cultures réduisent la dépendance aux intrants externes :
| Animal |
Surface de culture nécessaire (m²) |
Remarques |
| Canards (15) |
450 |
Complétés par pâturage semi-liberté |
| Poules (14) |
1 400 |
Complétées par pâturage, insectes et déchets verts |
| Total |
1 850 |
La rotation et la semi-liberté réduisent les besoins réels |
Supplémentation en graisses végétales
La graisse animale étant insuffisante, les plantes oléagineuses fournissent des acides gras essentiels (oméga-3) :
- Lin : adapté au climat basque, riche en oméga-3.
- Chanvre : prospère en conditions douces et humides, riche en oméga-3 et oméga-6.
200–300 m² de lin ou chanvre suffisent pour couvrir les besoins en oméga-3 d’un groupe de 7 personnes pendant un an. Les graines peuvent être consommées crues, torréfiées ou moulues, et mélangées aux œufs ou aux repas.
Intégration animaux et cultures
- Maïs + légumineuses pour protéines humaines, réduisant la dépendance aux œufs
- Alfalfa, maïs fourrager, berza (chou) et pâturages pour canards et poules
- Pâturage semi-liberté réduisant la surface de culture nécessaire et enrichissant naturellement le sol
Infrastructures centralisées du Permavillage
- Cuisine d’hiver, bains, atelier, stockage, toilettes sèches
- Chauffage combiné pour cuisine et bains → économie de bois
- Rotation éventuelle pour l’accès aux infrastructures → autonomie et équité
- Logement minimal et cuisson solaire pour les besoins quotidiens
Zones de permaculture
- Zone 1 & 2 : cultures et animaux proches de chaque groupe
- Zone 3+ : cultures extensives, pâturages partagés, bois → gérés collectivement
Résumé
Pour un groupe autonome de 7 personnes :
- ~25–30 animaux (canards + poules)
- ~1 850 m² de cultures pour nourrir les animaux
- 200–300 m² de lin ou chanvre pour oméga-3
- Semi-liberté, rotation et infrastructures mutualisées pour efficacité
Points clés
- Minimiser le nombre d’animaux pour réduire le travail et la surproduction
- Compléter la graisse animale par des huiles végétales pour les acides gras essentiels
- La semi-liberté et la rotation améliorent la santé animale et la fertilité du sol
- Mutualisation des infrastructures réduit la duplication et économise matériaux et énergie
Dans le cadre du Permavillage, l’alimentation reste très largement végétale, en cohérence avec les principes de sobriété et d’efficience, et en s’inspirant notamment de la répartition des cultures proposée par John Jeavons (Grow Biointensive). Les céréales, légumineuses, racines, tubercules, légumes et oléagineux constituent donc la base de l’alimentation quotidienne.
Cette mise à jour janvier 2026 intègre toutes les réflexions sur le nombre minimal d’animaux, la rotation des cultures, le pâturage semi-liberté, l’infrastructure mutualisée et la conception des groupes sociaux.
Cuisson et lumière au niveau groupe: panneaux solaires, surface et batterie
À l’échelle d’un groupe, la cuisson et l’éclairage sans combustion posent rapidement la question de l’électricité.
Dans l’état actuel des technologies, les panneaux solaires combinés à une batterie restent la solution la moins problématique, même si elle n’est pas parfaitement durable.
Une plaque à induction basse puissance peut fonctionner autour de 400 W pour des cuissons simples.
L’éclairage LED, quant à lui, consomme relativement peu d’énergie.
Ces usages peuvent être couverts par une installation solaire modeste, à condition d’intégrer un stockage.
La contrainte principale n’est pas la puissance instantanée, mais l’énergie disponible sur la journée et les usages collectifs.
Cela implique d’accepter des limites, de mutualiser les infrastructures et d’adapter les habitudes plutôt que de rechercher une solution techniquement parfaite.
Puissance nécessaire et énergie quotidienne (ordre de grandeur)
Pour la cuisson et l’éclairage collectifs, il est essentiel de raisonner en énergie (Wh) plutôt qu’en puissance instantanée (W).
- Plaque à induction (400 W)
- Cuisson simple à la poêle: OK
- Eau qui bout: lent mais possible
- Éclairage LED: consommation négligeable (10–30 W)
Exemple d’usage quotidien réaliste pour un petit groupe:
- Cuisson: 400 W × 1 h = 400 Wh
- Lumière: 50 W × 4 h = 200 Wh
- Total journalier ≈ 600 Wh
Estimation de la surface de panneaux solaires
En Belgique et en Europe de l’Ouest, on compte en moyenne annuelle environ 3 à 4 heures équivalent plein soleil par jour, avec des valeurs nettement plus faibles en hiver.
- 600 Wh ÷ 3 h ≈ 200 Wc installés
- Avec pertes et marge de sécurité: 300 Wc minimum
- Configuration confortable: 400 à 600 Wc
Estimation de la surface:
- 1 panneau ≈ 400 Wc ≈ 2 m²
- 2 à 3 panneaux = 4 à 6 m²
Batterie: indispensable
Sans batterie, l’usage collectif devient impraticable:
- Pas de cuisson le soir
- Pas d’éclairage stable
- Système inutilisable à l’échelle du groupe
Capacité minimale recommandée:
- Énergie utile: 600 Wh par jour
- Batterie LiFePO4: 1 à 2 kWh
- Exemple: 12 V × 100 Ah ≈ 1,2 kWh
Récolte d’eau de pluie et panneaux solaires: un faux dilemme
On suppose souvent qu’un toit doit être dédié soit à la récupération de l’eau de pluie, soit aux panneaux solaires.
Dans la pratique, cette opposition est largement artificielle.
Les deux systèmes peuvent coexister sur une même structure sans incompatibilité fondamentale.
L’eau de pluie qui s’écoule sur des panneaux solaires n’est pas intrinsèquement plus problématique que celle issue de matériaux de toiture classiques.
Les véritables enjeux restent la propreté des surfaces, la dérivation des premières eaux et la filtration adaptée aux usages.
Du point de vue Permavillage, l’objectif n’est pas la pureté absolue, mais une résilience fonctionnelle.
Accepter des systèmes imparfaits mais utilisables fait partie intégrante de la démarche expérimentale.
Gestion des poules au Permavillage : répartition groupes vs reproduction village, et choix du coq
Dans le Permavillage, la stratégie consiste à séparer la production quotidienne d’œufs de la reproduction afin d’éviter les conflits et de gérer les ressources efficacement.
Poules au niveau groupe (pondeuses)
- Chaque groupe dispose de 1–2 poules par personne pour la consommation quotidienne d’œufs.
- Pas de coqs dans les groupes – les poules sont plus calmes, plus sûres et plus faciles à gérer.
- Zone 1–2 : accès fréquent, faible stress, œufs pour la cuisine.
Reproduction au niveau village
- La reproduction est centralisée au niveau village, avec un petit cheptel de poules reproductrices et 1 coq.
- Objectif : produire des œufs fécondés et des poussins pour renouveler les poules des groupes.
- Les poules reproductrices ne contribuent pas à la consommation quotidienne d’œufs.
Choix du coq
- La décision se prend vers 4–5 mois, avant la maturité sexuelle complète, après observation du comportement.
- Critères : équilibré, non agressif, fertile, en bonne santé.
- Ne pas garder plusieurs coqs dans le même espace : combats, stress et blessures sont inévitables.
- Un seul coq par village est le plus sûr ; en garder plusieurs nécessite une gestion stricte et des enclos séparés.
Résumé technique
- Poules pondeuses dans les groupes : 1–2 par personne
- Poules reproductrices au village : petit cheptel contrôlé
- Coq : 1 par unité villageoise
- Observation et sélection des mâles vers 4–5 mois
- Les mâles en surplus peuvent être consommés (plats traditionnels) ou utilisés à d’autres fins
Rotation et production annuelle de poussins et coqs au Permavillage
Suite au principe d’un seul coq actif par village, le Permavillage garantit un flux continu de poussins grâce à un système de rotation contrôlée. Cela permet à la fois la production d’œufs et la pérennité du cheptel.
Rotation des poussins et coqs (production de poussins)
- Les œufs des poules reproductrices au village sont collectés et incubés (21 jours).
- Les poussins sont élevés pendant 4–5 mois pour observer leur comportement et sélectionner le futur coq ou les futures poules reproductrices.
- Le coq actif peut être remplacé par un jeune mâle de réserve si nécessaire (maladie, âge, autre), assurant une reproduction continue.
- Un seul coq actif à la fois est maintenu pour éviter les conflits.
Chiffres annuels (exemple pour un petit village)
- Poules reproductrices : 8–12
- Œufs pondus par semaine : 40–50 œufs fécondés
- Poussins écloses par an : ~160–180 (taux de réussite 80–90 %)
- Mâles excédentaires peuvent être consommés ou utilisés autrement
- Femelles distribuées aux groupes comme poules pondeuses
Canards
- Même principe : reproduction centralisée au village, un mâle actif à la fois
- Rotation des canards mâles pour assurer la continuité et éviter l’agressivité
- Les œufs peuvent être consommés ; les poussins servent au renouvellement ou à l’expansion de la population de canards
© 2017-2026 Patrizio Di Gianni
Founder of the Permavillage in 2017
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